Faverney, en Franche Comté | | | J’aimais le son de cloche, s’élançant du village, Tintant de place en place, jusqu’aux épais bocages, Où j’étais allongée. L’herbe lustrait mes bottes : Elle était douce, humide, verdoyait la Goulotte.
Alors, je me levais, solide sur mes pieds Une main sur le cœur, les oreilles aux aguets. Le vent me racontait, porté de toits en arbres L’angélus, les vêpres, les deuils ou les palabres.
Qu’il m’était si doux d’humer et de renifler Ces échos qui sucraient tous mes sens affolés. J’associais à ces airs le parfum de grand-mère De dimanche vêtue, sans nul doute en prières.
Mon âme attentive attendait, ici, un signe, Le vent glaçait mon front et y traçait des lignes. L’enfance n’était plus, hélas, qu’un souvenir ; Les cloches du passé : éthers à retenir.
Au creux de Faverney, notre Dame La Blanche Tend deux doigts vers le ciel, enfin prend sa revanche : L’un des clochers penché est enfin redressé. En se tenant bien droite, la foi est ranimée ?
Oh ! Petit village cher à mon atmosphère Tu es bien plus qu’une cité de caractère Ton miracle vérité ou supercherie, Continue d’imprégner ma campagne chérie.
Pourquoi, quand je suis loin, viens-tu dans mon sommeil, Peindre mes rêves en argent, or et vermeil ? Pourquoi saupoudres-tu tes flocons de bonheur Sur mes noirs cauchemars et tous mes gris malheurs ?
La Lanterne qui coule, au pont bénédictin, D’émotion me saoule et lave tous mes chagrins. Cette eau de jouvence d’espérance et d’enfance Baigne et arrose ma vieillesse qui avance. | Josette Schwebel/Beaudouin |
|